Chase : Cold Case Investigations - Distant Memories

Le studio Cing, après avoir donné notamment naissance à la saga Another Code - sur DS et Wii - et aux aventures de Kyle Hyde - sur Nintendo DS exclusivement - a, en son temps, fermé boutique : Last Window fut leur chant du cygne.

Lorsque les anciens de Cing annoncèrent qu'une autre compagnie éditerait un prochain titre, ma réaction a été de l'attendre avec beaucoup plus d'impatience qu'un Ace Attorney ou qu'un DanganRonpa. Pourquoi ? Parce que des AA et des DR, on en a encore pour des années avant d'en voir le bout, alors que les jeux de Cing, c'était pour ainsi dire de l'histoire ancienne. Ce n'était pas tant le jeu en lui-même que la société derrière qui m'a poussé à l'attendre avec une telle force. Finalement, l'attente est-elle récompensée ?

Chase peut se résumer en "bref mais intense".  Il vous faudra normalement moins de deux heures pour en venir à bout. C'est peu, et pourtant j'en sors satisfait. Si j'ai cru, au début, que le jeu allait me décevoir en tournant en rond et en enchaînant les mêmes types de plan, il n'en est rien. Dans une ambiance digne du plus sombre polar, on retrouve un personnage au physique fichtrement proche de celui d'un Kyle Hyde, mais au comportement bien plus cynique, ponctuant fréquemment les conversations de "I wonder" et de "Is that so". Ces catchphrases, si elles servent en un sens à camper le personnage, se révèlent assez usantes à la longue - dommage !

Ce style ! Pas de doute : Cing est de retour

Lui et sa comparse travaillent au bureau des affaires classées. Leur métier consiste à réouvrir lesdites affaires pour les résoudre, en cas de doute. On les appelle pour leur demander de réexaminer une explosion qui ôta la vie, cinq ans plus tôt, à un agent d'entretien dans un hôpital.

Le jeu est avare en décors, se contentant du strict minimum : Le bureau des flics, la salle d'interrogatoire. Les scènes de crime ? Vous les verrez en photo. Pourtant, la mise en scène se révèle suffisamment audacieuse pour accrocher au moins le fan de Cing ; quant à l'amateur de polar je suis sûr qu'il appréciera. Il est juste dommage que les noms des personnages n'aient pas été localisés - ce n'est pas un hasard si je ne vous en cite aucun, je n'en ai retenu que deux ou trois sur la dizaine de noms cités !

Musicalement, c'est du Kyle Hyde. Littéralement. C'est du jazz, du début à la fin. On n'est pas dépaysé. Les musiques douces sont peut-être par moment un peu répétitives hélas, mais le jeu a tout de même quelques temps forts musicaux : On aimera ou on n'aimera pas, à l'image de ces testeurs qui, à l'époque de Hotel Dusk : Room 215, disaient des musiques du jeu qu'elles étaient soit génialissimes, soit dignes d'un ascenseur.

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Le gameplay... Est quasi-inexistant. C'est un parti pris, nous avons ici affaire à un visual novel en bonne et due forme. Il est agréable de circuler dans le log. L'interface de sauvegarde aurait gagnée à être légèrement moins austère et à permettre de supprimer sa sauvegarde une fois le jeu fini. Le jeu propose quelques moments où vous risquez un game over, mais rien de bien méchant finalement, à part peut-être ce moment où le détective annonce à son assistante "bon, montre-moi ce qui ne va pas sur la photo - tu n'as qu'une seule chance". Quel est l'intérêt ? Surtout que l'interface d'enquête est, clairement, l'interface d'enquête la moins intuitive que j'aie jamais vu. Mais bon, bon an mal an, on poursuit et on interroge les suspects.

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L'interrogatoire, voilà la phase de jeu la plus vive, celle qui, vraiment, dénouera l'intrigue. Si le reste du boulot de détective est plus ou moins ellipsé, ce sont bien ces phases qui forment tout le sel du jeu. Pas aussi percutantes que les interrogatoires de Kyle Hyde, pas aussi mémorables que les contre-interrogatoires de Phoenix Wright, les interrogatoires de Chase ont leur propre tempo, seulement interrompu lorsque vous devez sélectionner une bonne réponse. Parfois les choix proposés sont involontairement grotesque, comme ce moment où on vous propose de désigner "la fille" de quelqu'un comme "le frère" de quelqu'un d'autre...

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Chase accroche avec son dénouement. Et il est vraiment dommage qu'après 1h30-2h de jeu, on soit coupé en plein élan sur un cliffhanger, et le générique de fin. On attend la suite maintenant !

Un mot sur les graphismes avant de conclure : Magnifiques. L'art d'Hotel Dusk est porté avec brio en 3D, et les personnages, s'ils ne sont pas aussi vivants que les héros d'un AA6, ont toujours la patte caractéristique du studio ! Notons tout de même que la 3D stéréoscopique n'est pas disponible. Dans un autre ordre d'idée, les dialogues sont tous rangés dans l'écran du bas, ce qui permet, d'un côté, d'admirer le splendide art du studio, mais d'un autre côté devoir continuellement naviguer d'un écran à l'autre n'est pas ce qui se fait de mieux en matière d'interface visuelle. J'en profite pour ajouter que la police d'écriture du jeu est globalement agréable à l'oeil.

Chase est-il un achat judicieux ? Si tu es fan des travaux de Cing et que les jeux vraiment courts ne te dérangent pas, oui, sans l'ombre d'un doute. Le travail est propre. Si tu dois choisir entre les Ace Attorney Theater et ça, ce sera déjà un bien meilleur investissement, en tout cas. Ancien fan de Cing, tu ne dois rater ça pour rien au monde.

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