Phoenix Wright : Ace Attorney - Justice For All

Il y a beaucoup de choses à dire sur Justice For All, le second opus de la trilogie Phoenix Wright. Probablement l'un des moins aimés de la série (au même titre qu'Apollo Justice), ce volet a pourtant de nombreuses qualités... Qui sont hélas gâchées par des défauts qui rendent le jeu un peu plus lourd que les autres jeux de la série.

Dans un souci d'objectivité, la Tribune vous propose aujourd'hui de faire le point, dans un premier temps sur les défauts du titre, puis sur ses qualités.

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Les défauts

Examination ~ Moderate 2002 et Allegro 2002
Autrement dit, les musiques de témoignages et de contre-interrogatoires. Lorsque le jeu précédent nous avait habitué à ça :

Justice For All reprend la main de façon absolument ratée, avec une musique à la fois soporifique et irritante :

Musique que l'on aura d'ailleurs tôt fait d'oublier en écoutant les musiques des autres jeux de la série.

Les trois premiers quarts de l'affaire du cirque
On reviendra sur le dernier quart tout à l'heure. Pour l'instant, imaginez juste ceci : Parties enquêtes, des allers-retours incessants dans un nombre beaucoup trop important de décors. Une difficulté mal dosée. Des personnages difficilement supportables, et des musiques à la hauteur de ces personnages. C'est bien simple, le ventriloque donne envie de le baffer à chaque instant, le clown est à la limite du tolérable, et votre propre client donne envie de l'abandonner tellement il est exaspérant.

Franziska von Karma
C'est totalement subjectif, et je sais bien que beaucoup seront en désaccord, mais Franziska, en tant qu'adversaire, énerve assez rapidement. Sa façon de parler est difficilement supportable, et il faut ajouter à cela que son petit gimmick consiste à fouetter tout le monde à tout moment. Outre le fait qu'on se demande ce que le juge attend pour intervenir, il faut avouer que ces scénettes deviennent rapidement lourdes. Ainsi, la dernière affaire est d'autant plus une délivrance.

La VF
Oui, il faut bien en parler de cette VF maudite. Elle était vraiment, vraiment ratée. Justice For All est une excuse à lui seul pour jouer en anglais uniquement, ce qui tombe ironiquement bien, puisque Capcom ne semble pas prêt à nous refaire des VF pour la série. Bon, ce n'est pas le sujet de cet article, alors passons.

Les qualités

On a été vache avec Justice For All. Tous les joueurs qui ont la haine contre le jeu ou plus simplement contre l'affaire 3 n'ont pas foncièrement tort, mais c'est à ces joueurs que je m'adresse, le jeu en mains : Prenez votre mal en patience et tentez de le refaire en entier. Vous constaterez alors que Justice For All, affaire par affaire, n'est pas si mauvais...

Tout d'abord, il y a l'affaire tutoriel. Celle où la musique commence déjà à décevoir, à cause de ce thème de témoignage si difficile à avaler. Pour le reste l'affaire est assez classique, et ne détonne pas de celles du jeu précédent. Le choix de l'amnésie pour justifier le tutoriel n'est pas forcément si bancal, et l'ensemble, finalement se tient.
La seconde affaire est d'une importance majeure, puisqu'elle pose des bases qui seront par la suite reprises dans le troisième volet de la série. Comme Franziska apparaît ici pour la première fois, son comportement n'est pas encore véritablement gênant pour le joueur, d'autant plus que comme c'est une seconde affaire, elle n'atteint pas encore les longueurs des affaires 3 ou 4. La seconde affaire de Justice For All est donc une affaire de bonne facture.

Volte-Face Circus. C'est cette affaire 3 qui fait trembler dans les chaumières. Plusieurs personnes m'ont déjà confié avoir perdu leur sauvegarde au beau milieu de l'affaire 3 et ne pas avoir eu le courage de recommencer le jeu. De mon côté, alors que j'étais très motivé pour terminer Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy HD sur iOS, j'ai laissé couler le jeu pendant plus d'un an à cause d'un manque de motivation entièrement lié à cette affaire. Je l'ai finalement terminée sur 3DS, ce qui m'a permis de constater que... La dernière phase de procès relève du génie. La façon dont elle est écrite est du grand Takumi. Du très grand. C'est à la fois brillant et émouvant, et le personnage d'Acro bénéficie d'un développement incroyable. Quel dommage qu'il faille passer par les trois premiers quarts de cette affaire pour arriver à un dénouement aussi marquant !

Et, bien sûr, il y a l'affaire finale. Époustouflante, "Adieu, ma volte-face" est peut-être l'un des meilleurs textes jamais écrits par Takumi. Il y a de tout dans cette affaire, à commencer par une pression permanente. Tout dans cette affaire est épique. Je ne saurais que vous recommander de jouer à Justice For All pour faire cette affaire, qui est, allons jusqu'au bout, digne des polars les plus sombres !

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Ensuite, il ne faut pas oublier de parler des mécaniques de jeu, qui ont subi quelques transformations depuis l'opus précédent. Ces transformations bienvenues seront d'ailleurs portées dans la suite et fin de la trilogie, Trials & Tribulations.
D'une part, la barre de crédibilité de notre avocat ne se compose plus de points d'exclamation fixes. Il s'agit à présent d'une barre de vie qui baisse plus ou moins en fonction de vos erreurs. Ce principe sera repris dans tous les jeux suivants de la série.
Et puis, il y a le fait de pouvoir présenter, que ce soit aux témoins ou pendant les procès, des profils en tant que pièces à conviction. J'ai vraiment trouvé dommage que cette possibilité ait été totalement supprimée à partir du quatrième volet, Apollo Justice, car c'était une réelle avancée, qui permettait des retournements de situation assez sensationnels.
Et puis il y a la plus grosse nouveauté du jeu, que l'on retrouvera dans chaque opus permettant d'incarner Phoenix Wright : Les verrous-psyché.
Cette mécanique de jeu, apportée par la famille Fey, est une sorte d'interrogatoire que vous menez directement pendant les enquêtes. Les verrous qui apparaissent sur les témoins représentent leurs mensonges, que vous devez briser en présentant des preuves. Si vous faîtes une erreur, cela aura un impact sur votre jauge de crédibilité, mais terminer correctement une phase de verrou-psyché aura pour effet de vous redonner de l'énergie. On appréciera cet apport aux enquêtes, qui vient quelque peu briser l'éventuelle monotonie que l'on pourrait ressentir.


On peut aussi évoquer tout le background du jeu, qui a un aspect beaucoup moins manichéen que le reste de la série. Chaque affaire sans exception repose sur des vies qui ont été injustement détruites, pour une raison ou pour une autre, et le titre de la version occidentale (Justice For All donc) est extrêmement bien choisi.

Malgré ses quelques aléas, Justice For All a pour lui de solides arguments. De toute façon il serait difficile de faire l'impasse sur ce jeu, ne serait-ce que pour son affaire finale, véritable apothéose, que beaucoup considèrent comme l'aboutissement de la saga.

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2 réponses à Phoenix Wright : Ace Attorney - Justice For All

  1. Balexir dit :

    Entièrement d'accord avec toi : j'ai profité de ma grippe pour le refaire (après avoir fini la trilogie) et l'affaire 2 est très bonne, dès que Acro apparaît, l'affaire 3 est très bien et pour finir, l'affaire 4 qui est un véritable spectacle.

  2. Phoemarv dit :

    Je suis d'accord... sauf pour la musique. Je trouvais cette musique gênante, oui, jusqu'à ce que je refasse Trilogy HD sur 3DS, et je me suis rendu compte que JFA était un bon jeu en général, et que les musiques étaient très bonnes !
    Sinon, je suis d'accord avec tout ce qui est écrit ! :D

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