Phoenix Wright : Dual Destinies / Turnabout Reclaimed

Cette critique est uniquement basée sur la version 3DS du jeu.

Phoenix Wright : Ace Attorney : Dual Destinies aura fait couler beaucoup d'encre et occasionné bien des nuits blanches. Les actualités concernant ce jeu allaient de coups de théâtre en coups de théâtre, une gigantesque affaire en temps réel. À la barre des accusés et de la défense : Capcom. À la fois juges et procureurs, les joueurs.
Mais au final, maintenant que le jeu est disponible sur deux supports différents et a même été soldé sur ces deux supports, quel est le verdict ?

Avant d'entamer cette critique, il me semble pertinent de recommander aux plus pressés d'acheter directement le jeu et de s'y plonger au plus vite. Vous n'aurez pas de regret. Si vous avez un doute, voici trois arguments :

-Il y a une démo jouable, dont le texte diffère du jeu complet. (À noter, la version iOS offre intégralement la première affaire)
-Le jeu fait tout pour que vous puissiez y jouer même si vous n'avez touché à aucun autre volet de la série.
-Et surtout : Un jeu de cette qualité à ce prix-là, c'est un pur et simple miracle !

Inutile de présenter la licence sur un site qui lui est entièrement dédié, donc entrons directement dans le vif du sujet : Tel qu'il est, que vaut le jeu dans sa version Anglaise, seule version disponible outre l'inévitable VO ?

Tout d'abord, parlons graphismes.

L'arrivée de la licence sur 3DS est une raison suffisante pour une rénovation en profondeur : Adieu à la 2D, sauf dans les cas d'images fixes et de cinématiques ! Pour le moment, comparé au crossover avec Professeur Layton, voire à Layton 5 et 6, le jeu affiche un moteur et des graphismes globalement bien plus beaux. Chez Capcom on ne se moque pas du public : Tous les lieux sans exception sont modélisés en 3D, et il en va de même pour les personnages, qui sont maintenant réalisés dans une cel-shading de luxe, à en faire pâlir The Wind Waker HD. Non seulement ça, mais les phases de procès démontrent de façon magistrale que l'utilisation de modèles 3D n'est pas vaine en soi : Si les personnages ne se déplacent pas spécialement, c'est par contre largement le cas de la caméra, qui donne aux procès une dynamique visuelle inégalable. Trouver que la 3D ne se justifie pas, étant donné le résultat, serait faire preuve de beaucoup de mauvaise foi.

Ou être un gros Boulay.

Concernant la musique, c'est le point sur lequel il y a le moins à dire : Comme à chacune de ses prestations, Noriyuki Iwadare transcende littéralement le jeu. Les musiques sont totalement épiques et les anciens thèmes sont refaits d'une façon orchestrale tout à fait sidérante. Il faut l'entendre pour le croire.

La durée de vie quant à elle est largement suffisante. Sans compter l'affaire DLC (dommage de devoir payer pour une affaire en plus, mais vue sa qualité indéniable, le prix se justifie, comme on le verra plus tard) vous en aurez pour une bonne trentaine d'heures de jeu avant de voir le bout du tunnel.

Il me semble important d'aborder le gameplay. D'aucuns ont souvent reproché aux divers jeux de la licence de ne pas énormément se renouveler - mais bon, on est dans un visual novel, ce n'est pas non plus un genre propice à de la folle action -, cette fois il y a largement de quoi faire plaisir aux plus récalcitrants.

Commençons par la fonction la moins intéressante : La consultation. Si vous faîtes un nombre conséquent d'erreurs, il devient possible de faire appel à votre assistant (justifiant ainsi son salaire et rendant le principe de duo beaucoup plus intéressant qu'à l'époque de Maya Fey), qui vous indiquera tout bonnement quelle portion du témoignage doit être attaquée. En soi, on pourrait attaquer cette fonctionnalité, lui reprocher d'être de la pure et simple casualisation. Cela dit, cette fonctionnalité ne s'affiche pas avant que vous ne vous retrouviez dans le rouge, et rien n'empêche de purement et simplement l'ignorer pour plus de réflexion.

Grosse nouveauté, classique dans les visuals novels mais pas pour les Ace Attorney, il est ENFIN possible de relire les textes passés grâce à un historique de lecture. On se souviendra tous de l'extrême frustration de ne pas avoir le temps de lire les dialogues d'Eïchouette ou de Wellington, et on se souviendra tous de la frustration encore pire d'avoir levé les yeux de l'écran un instant juste au moment d'un texte qui se passe tout seul. Cette fois, plus de souci, la frustration n'a plus de raison d'être : Vous pouvez rembobiner les textes jusqu'à un certain point.

En parlant de bonne nouvelle textuelle, la passe rapide avec le bouton B est disponible d'entrée de jeu. Les insupportables textes d'intro de type "Jeudi 8 Novembre - 16 heures - Salle d'audience N°3" ne sont donc plus un épouvantable fardeau pour le joueur. (Croyez-moi, dans la version iOS de Trilogy HD, ces textes sont particulièrement plombants)


Deux grandes innovations viennent alléger les phases d'enquête. La première est une sorte de memento qui vous rappellera, si vous bloquez, d'aller à tel endroit, de parler à telle personne ou de faire telle ou telle autre chose. La seconde, plus intéressante, est qu'il est dorénavant possible d'accéder à volonté à tous les lieux déjà débloqués de l'affaire - Autrement dit, vous n'avez pas besoin, pour aller dans l'aile ouest d'un manoir, de faire un éprouvant trajet passant par l'entrée, le couloir et la salle de bains.

Les phases d'enquête sont aussi l'occasion de revoir les familiers verrous psyché de Phoenix Wright, ainsi que les tics nerveux qu'Apollo Justice est capable de percevoir. Malheureusement, si on exclue l'affaire DLC, ces deux mécanismes du gameplay ne font finalement qu'un retour assez anecdotique : Si je ne me trompe pas, le jeu n'offrira pas plus de quatre ou cinq tics nerveux, et encore moins de verrous-psyché.

C'est dans les procès qu'intervient la fonction la plus intéressante du titre : Athena Cykes, notre nouvelle avocate, a été conçue comme une pro de la psychologie, et elle s'aide pour cela d'un petit ordinateur futuriste, qui lui permet de sonder les émotions des témoins. Vous vous retrouverez alors en face de quatre icônes représentant des émotions basiques. Ces icônes s'allument ou s'éteignent en fonction de l'émotion ressentie. Widget (l'ordinateur) gère aussi l'intensité des émotions, et il vous appartiendra de trouver ce qui fait contradiction avec le témoignage. Contrairement à ce que les pires trolls pourraient penser en assistant au premier contre-interrogatoire de ce type, le gameplay avec Widget est une pure réussite. Bien sûr, on ne perd pas de crédibilité auprès du juge si on échoue, mais enfin, dans le fond, est-ce que vous voulez vraiment connaître la frustration de l'échec en lisant un... Visual novel ?

D'ailleurs à ce titre, si vous perdez, le jeu ne vous renvoie plus à l'écran titre. Il vous propose soit ce renvoi, soit de reprendre à l'emplacement où vous avez perdu, avec votre barre de crédibilité remplie. On pourrait trouver ce système injuste car trop permissif, pour ma part je dirais que de toute façon les jeux précédents de la série donnaient déjà un contrôle assez important de la sauvegarde et que ce point est en fait un grand bien fait à la série. Pour ma part, avant, je n'osais pas présenter de preuve sans sauvegarder au préalable, et si ça ne fonctionnait pas, la peur du Game Over m'amenait à résetter le jeu pour recommencer, alors cela est vraiment, vraiment bienvenu.

Le moment le plus jouissif du procès, outre le breakdown final du coupable (et chaque breakdown est ici encore plus travaillé qu'à l'accoutumée, mais on devait s'y attendre, étant donnés les importants changements du jeu en général), s'appelle la "Revisualisation". Votre avocat, complètement acculé, entre dans une phase de réflexion ultradynamique, qui a des petits airs de Logique d'Ace Attorney Investigations. Cette phase, qui n'intervient hélas pas systématiquement, ajoute à l'adrénaline déjà bien présente.

Notons enfin que l'écran d'accueil du jeu vous permet de commencer une partie à partir de n'importe quelle portion d'une affaire, ce qui est absolument parfait si l'on désire simplement revoir une scène ou essayer de trouver quelque chose qu'on aurait loupé, comme par exemple le running-gag de l'échelle et de l'escabeau, qui se porte toujours aussi bien après tant d'années.

Enfin, le scénario. Si vous avez vu les trailers, vous connaissez vaguement les circonstances des trois premières affaires - une bombe, des monstres, une école -, mais les histoires en elles-mêmes n'en restent pas moins très bien écrites, et les personnages que vous serez amenés à croiser au cours de votre aventure ont autant de verve que les protagonistes des jeux précédents de la série. Ai-je mentionné le fait que les références aux-dits jeux sont à la fois assez nombreuses et peu gênantes ?

Mais comme souvent dans un bon jeu d'enquête, c'est dans sa dernière partie que Dual Destinies brille le plus. On reprochera peut-être aux affaires 4 et 5 d'être plutôt courtes, mais au final, la façon dont elles sont écrites rend plutôt enclin à trouver leur longueur correcte. Le climax est atteint lorsque contre toute attente, l'evil mastermind est dévoilé de la façon la plus épique qui soit. Et à ce moment-là on ne peut que crier au génie.

Du reste, l'affaire 5 a un léger parfum rappelant l'époustouflant final de Justice For All - Pensez donc, dans la longue liste de points communs, il y a même plusieurs game over alternatifs si vous perdez à partir d'un certain point, même si celui de Phoenix Wright 2 reste plus marquant.

Cela dit, le jeu a son identité propre et reste unique dans l'histoire de la série. Dual Destinies est une expérience à part entière, et il ne fait aucun doute que la sixième affaire ne rajoutera qu'une couche au plaisir de jouer dans la peau de Phoenix, Apollo et Athena.

On revoit aussi des têtes connues.

Malheureusement, le jeu n'est pas exempt de défauts, qui, s'ils n'entachent pas le bon déroulement, auraient pu être évitables.

En vrac, on regrettera un léger manque de continuité avec Apollo Justice (Il faudrait bien pourtant que Phoenix se décide à dire à Apollo

Spoiler:
qu'il est le frère de sa fille adoptive

et ç'aurait été bien que le système de jury introduit à la fin des évènements d'Apollo Justice bénéficie au moins d'une mention même partielle), trop d'implications Japonaises pour une série qui à la base était tout de même assez occidentalisée (hé, toute l'affaire 2 parle de yôkai, j'admire d'ailleurs le tour de force des traducteurs d'avoir trouvé un prétexte pour maintenir le jeu dans les environs de Los Angeles), plein de petits détails que seul un gros fan de la série pourrait remarquer, et surtout : L'examination des scènes de crime. Les trailers vantaient une 3D incroyable, finalement, s'il faut lui reconnaître un charme certain, cette 3D apporte beaucoup moins dans ces scènes que dans les scènes de procès.Mais surtout, il est impossible d'examiner d'autres lieux que les scènes de crime ! Quel dommage ! Ce type de gameplay, s'il n'était pas forcément essentiel, ajoutait beaucoup d'humour, et surtout de contextualisation à la série. On appréciait notamment de savoir ce qu'il advenait de la plante de bureau de Phoenix d'un jeu à l'autre, à présent il est purement et simplement impossible de l'observer pour commencer. Notons aussi que la facilitation de l'examination des scènes de crime, si elle est bienvenue, rend incontournables beaucoup de texte, là où les précédents jeux de la série n'offraient leurs moments les plus comiques qu'aux joueurs les plus méritants.

D'autres petits défauts ponctuent le jeu, (par exemple, on ne peut examiner de preuves en 3D que très rarement, pas plus de trois ou quatre fois, quand Apollo Justice ou l'affaire 5 de Phoenix Wright 1 le permettaient pour quasiment toutes les pièces à conviction) et s'ils ne sont pas significativement gênants, on peut tout de même légitimement se demander ce que ça aurait été si l'ensemble avait été écrit par Shu Takumi, créateur d'origine de la série.

Cependant ces écueils restent très mineurs. Le jeu vous offre la possibilité d'incarner trois avocats et rend sa splendeur à la fois au rôle d'assistant, et au personnage d'Apollo Justice. Ce dernier, qui n'avait pas réussi à s'imposer lors du titre de la série qui lui était consacré, parvient enfin à se hisser au même rang que le grand Phoenix Wright, et a enfin un background digne de ce nom; car il est vrai qu'en dehors du fait que son mentor était un fieffé filou, on ne savait rien du personnage.

Le fait d'incarner trois personnages le temps de cinq affaires pouvait sembler très bancal, mais il n'en est rien : Les rôles respectifs de Phoenix Wright, Apollo Justice et Athena Cykes sont parfaitement équilibrés, et pour ma part je n'ai pas trouvé qu'on ne jouait pas assez avec l'un ou l'autre. On n'incarne Athena que le temps d'une affaire, certes, mais en contrepartie elle est présente en quasipermanence sur le terrain, là où Apollo Justice et Phoenix Wright ont tous deux un rôle aussi équilibré l'un que l'autre. Le retour des verrous-psyché et autres tics nerveux se fait de façon assez naturelle, même si j'ai trouvé assez navrant le fait que Phoenix explique le principe de son magatama à la première personne venue pour justifier le tutoriel. Ce point-là en particulier avait été beaucoup mieux traité dans l'affaire finale d'Apollo Justice.

Ai-je mentionné les cinématiques ? Fournies par le studio Bones (Eureka Seven, Soul Eater, Star Driver...), elles s'intègrent parfaitement dans le jeu et lui donnent un cachet supplémentaire, qu'on aurait peut-être d'ailleurs bien aimé retrouver dans les opus spécifiquement conçus pour la DS.

Les défauts restants du jeu sont des défauts marketing : Les plus anglophobes regretteront amèrement le choix de ne pas traduire le jeu au-delà de la langue Anglaise (cela dit la localisation a été somme toute assez bien menée, même si, selon certains, c'est la pire version anglaise de la série entière), et les fans les plus acharnés regretteront encore plus le fait que le jeu ne soit disponible qu'au format dématérialisé, sur l'eshop, là où les Japonais avaient eu droit comme souvent à un gros collector avec le jeu en boîte et une grosse statue de Phoenix Wright en bonus.

On regrettera encore que Capcom soit si friand des DLC. L'affaire 6, située chronologiquement quelques mois après l'affaire 2, n'est pas incluse par défaut dans le jeu, et n'est disponible que si vous vous donnez la peine de... L'acheter séparément. Ai-je mentionné les DLC de... Costumes ? L'idée était louable en tant que DLC gratuit, malheureusement le temps où ce DLC était offert est révolu, et il vous faudra donc ajouter 99 centimes aux 25 euros (prix très attractif ceci dit) que vous aura déjà coûté le jeu. Et puis il y a le fameux mode "quizz", qui restera une exclusivité du Japon. Pire que London Life, le RPG de Professeur Layton et l'Appel du Spectre, qui n'avait réussi à franchir que les frontières de l'Amérique.

Du reste, pouvoir jouer en Classic Phoenix Wright, c'est quand même sacrément classe

Turnabout Reclaimed

Turnabout Reclaimed est donc un DLC. Une fois téléchargé, il peut se jouer indépendamment des cinq enquêtes qui forment le noyau de Dual Destinies. Néanmoins, si vous n'avez pas encore terminé ces cinq affaires, le mieux est encore de caser cette affaire "6" entre les affaires 2 et 3. Vous comprendrez largement pourquoi en jouant.

Sur le principe, comme dit précédemment, faire payer une affaire séparément du jeu, surtout lorsqu'elle fait partie intégrante du scénario, n'est vraiment pas très malin. Pourtant, le prix de cette affaire est absolument juste.

Voilà pourquoi payer l'affaire 5 euros n'est pas prohibitif. Admettons que vous achetiez le jeu complet. Voici la somme que vous allez débourser :

Prix du jeu au Japon - incluant l'affaire DLC et le quizz dont on ne dispose pas dans le reste du monde : 5990 + 450 + 800 = 7240 yen = 52 euros. Probablement 53 avec les costumes.
Prix du jeu en Europe - incluant l'affaire DLC et c'est tout en fait : 25 + 5 = 30 euros. 31 avec les costumes, donc.

Vous noterez au passage qu'en payant le jeu 25 euros, avec cinq affaires, chaque affaire vous est de toute façon vendue 5 euros pièces, donc voilà qui est réglé.
Et si vous n'êtes pas contents, dîtes-vous bien que les Japonais qui avaient terminé le premier Phoenix Wright dans sa version GBA ont dû débourser le prix d'un jeu en boîte complet juste pour bénéficier de l'affaire bonus de la réédition DS.

Maintenant, le plus gros morceau : L'affaire en elle-même.
Pour ma part, c'est, sur l'intégralité des Ace Attorney publiés jusque-là, la meilleure affaire jamais écrite.

Elle a tout pour elle !
-Autant voire plus de références aux jeux précédents de la série que dans les cinq autres affaires réunies.
-Pearl a un vrai rôle
-L'univers de l'intrigue est très bien pensé
-De l'investigation scientifique
-Plus d'utilisations du magatama que jamais
-Une affaire supplémentaire où l'on incarne Phoenix Wright, ce n'est vraiment pas de refus
-Et puis il y a Herman Crab. Ce personnage est juste excellent.

Honnêtement, si vous avez acheté Dual Destinies sans le DLC, vous avez un jeu incomplet. C'est d'ailleurs assez dommage de la part de Capcom de recourir à cet artifice, car en jouant au jeu dans son ensemble on se rend compte que l'affaire aurait de base dû être incluse, mais qu'elle a été retirée car c'était la seule qui n'avait pas d'importance dans le scénario global. Pourtant, c'est une affaire d'excellente facture, qui vaut son pesant de cacahuètes, et qui surtout supprime l'effet de manque que le reste du jeu pouvait susciter - C'est vrai, on n'en a pas vraiment pour son argent avec les cinq affaires de base. On a l'impression qu'il manque cake chose. Ce DLC est donc indispensable pour prétendre avoir véritablement terminé Dual Destinies.

Voilà, avec ceci on a fait le tour. Vous aimez la série des Ace Attorney, ou désirez la découvrir ? Dual Destinies n'est définitivement pas un jeu que vous voudriez manquer. Les écrivains d'Ace Attorney Investigations ont bonifié leur talent avec le temps, et ça ne m'étonnerait même pas, si on leur confiait un jour le destin d'un éventuel Ace Attorney 6, qu'ils offrent ce jour-là aux joueurs les scénarios les plus brillants de la 3DS, sur toute la vie de la console. (Depuis, ça a été fait)

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