Ghost Trick : Détective Fantôme

Ghost Trick : Détective Fantôme vous place dans la peau d'un personnage qui se réveille et découvre qu'il est mort. Non seulement ça, mais il a totalement perdu la mémoire. Qui est-il ? Comment a-t-il perdu la vie ? Un mystérieux personnage cependant lui apprend qu'il possède des pouvoirs de fantôme et qu'il va pouvoir s'en servir pour enquêter sur les circonstances qui l'ont mené à mourir, mais sur bien d'autres choses encore.
Mise en application directe. Une jeune fille présente sur les lieux meurt. Avec ses pouvoirs, Sissel (Car il apprendra bien vite que c'est son nom) se précipite à la rescousse... En remontant le temps de quatre minutes. Quatre précieuses minutes, qui lui permettront de sauver la jeune fille en manipulant les objets présents sur les lieux, nous donnant là matière à un excellent jeu de réflexion. Sitôt fait, il utilise ces mêmes pouvoirs pour voyager à travers les ondes téléphoniques.

S'engage une enquête palpitante, mais aussi une course contre la montre. Après tout, on lui a dit qu'à l'aube, il disparaitrait. Sauf que non, Sissel est pas du genre à disparaitre comme ça sans savoir. Tel un digne Benjamin Hunter, il se précipite donc sur le chemin pavé d'embûches de la vérité !
Au bout du compte, ça donne quoi dans le jeu ? Eh bien ça donne un jeu de réflexion tout simplement diabolique, dont le gameplay, énormément basé sur le timing, évolue de temps à autre et reste de toute façon très varié, contrairement à ce que prétendent certaines personnes sur Internet, qui n'ont visiblement joué que trois des 18 chapitres du jeu. Ceci dit, si la partie puzzle occupe une place prépondérante dans le soft, le scénario n'est pas en reste. Plus touffu que les meilleures affaires de Phoenix Wright, plus alambiqué qu'un Professeur Layton voyageant dans des endroits bizarres, il est surtout mis en scène de façon tout à fait remarquable, et s'il n'y a ni cinématiques ni doublages, on a tout de même parfois l'impression d'assister à un dessin animé, ce qui est toujours appréciable.
La fluidité des sprites est à ce titre tout à fait remarquable. C'est clairement à un travail de précision que l'on a affaire ici. Quant à la musique, le compositeur est le même que pour PW1. Elle restera moins dans la tête, malheureusement, ceci dit elle reste épique et offre quelques temps vraiment forts.

Et ces plot twists, mes amis ! Ces enchaînements de coups de théâtre totalement improbables, qui mènent à des situations encore plus improbables ! Et ces dialogues ! Cet humour qui s'est encore plus développé que dans les Ace Attorney !
Mais on pourrait aussi parler des personnages. Si deux ou trois sont clairement là pour faire chier (Oui, "Dame au parfum", je te vise totalement), on ne nous donne que des personnages hauts en couleurs, qui resteront dans les mémoires.
Enfin, le jeu offre du challenge. Véritablement. On restera bloqué, on tombera sous le coup d'un Game Over, mais on réessaiera encore et encore, par volonté de voir la suite. J'ai bloqué à trois reprises, mais bon, peu importe.

Dernier point du jeu, la traduction.
Avec tout le bordel qu'il y a eu autour des Ace Attorney et la non traduction prochaine de la suite d'Okami, on pouvait légitimement s'interroger. Eh bien, pour UNE FOIS dans leur vie, les braves gens qui occupent le palpitant métier de traducteurs ont un petit peu bossé. Malheureusement, de nombreuses fautes subsistent et viennent gêner un jeu qui reste très textuel. Ceci dit, une référence bien placée m'a fait réviser mon jugement, la traduction a tout de même ses moments forts.
Au pire, toujours contrairement aux Ace Attorney, on donne au joueur l'occasion de choisir parmi cinq langues. Direct. Dans la même cartouche. Le revers de la médaille ? Une seule sauvegarde. Dommage !
Pari réussi en tout cas pour Shu Takumi, qui propose là un chef-d'oeuvre à part entière, sans l'ombre d'un doute.
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