Apollo Justice – Rencontre avec Shu Takumi

Comme annoncé lors de son post précédent, Janet Hsu a eu l’opportunité de rencontrer Shu Takumi et de lui poser quelques questions, auxquelles le créateur de la franchise Ace Attorney a répondu. Compte-rendu.

Comme vous le savez, Apollo Justice fut conçu sur commande, pour tirer parti des capacités de la Nintendo DS. Takumi entama l’écriture et la conception de cet opus aussitôt après avoir bouclé Phoenix renaît de ses cendres (qu’il ne voulait pas écrire, à l’origine), ce qui explique notamment pourquoi les mini-jeux tirant parti des fonctionnalités de la console sont si similaires. Ce genre de mini-jeu avait été envisagé de longue date par Takumi, mais ne pouvait pas être incorporé dans les opus GBA étant données les limites imposées par la machine. L’idée de trouver de nouvelles preuves en examinant une pièce à conviction fut inspirée à Takumi par une scène vue dans le premier Resident Evil : On y examinait un livre, et une pièce en sortait.

À l’époque, Capcom fixa deux impératifs pour Apollo Justice :

– La présence de Phoenix Wright (Ce qui posa problème, car comme on le sait Takumi estimait que l’aventure de l’homme en bleu était terminée au troisième opus et ne nécessitait pas plus de développement)

– L’incorporation du système de jury, alors en phase de test dans les tribunaux Japonais. Et ceci est une information très intéressante : Bien que le jeu fut écrit par Takumi, cette réflexion sur les actualités nippones de l’époque, qui a donné pour résultat le MASON System, n’émanait donc pas de lui à la base.

Le procureur de cet opus, Konrad Gavin, est le procureur le plus « aimable » que la série ait connu jusque-là. Ce choix n’est pas anodin. Chaque procureur doit être unique et marquer le joueur, voilà pourquoi dans la conception d’un Ace Attorney le personnage le plus délicat à composer reste le procureur. Après trois procureurs « sombres » (sans compter Manfred von Karma), Takumi opta pour un procureur plus sympathique, le côté « rock star » ajoutant au caractère guilleret du personnage. Il fallait cependant lui laisser une part d’ombre, qui fut concrétisée par son frère Kristoph.

Apollo Justice fut conçu avec en tête l’idée que le jeu serait localisé, signant par là-même la fin des affaires reposant sur des jeux de mots presque impossibles à traduire. Cela n’empêcha pas Takumi d’incorporer à la seconde affaire cette famille de yakuzas, en se disant que ce concept était connu de par le monde, notamment par la filmographie japonaise (ce que, pour les États-Unis en tout cas, Janet Hsu dément).

Pour concevoir le personnage principal, Takumi pensa aux caractéristiques propres au personnage de Phoenix Wright, et les renversa. Cela donna un personnage passionné et au caractère plus impulsif. Quant à Vérité Wright, elle fut également conçue pour être opposée à Maya Fey – Le fait qu’elle soit magicienne est cependant lié à l’histoire personnelle de Takumi, qui faisait partie d’un club de magie à l’université.

Enfin, un mot sur la Sérénade pour une Guitare. Ce ne fut pas la première chanson écrite par Takumi, qui avait auparavant écrit les paroles du thème du Samouraï d’Acier. Il trouva la mélodie chez lui en s’exerçant à la guitare, et, sachant déjà le thème de la chanson, n’eut aucun mal à l’écrire.

La cinématique 3D fut plus complexe à réaliser que la cinématique présente dans l’affaire 5 du premier Ace Attorney : Rappelons qu’il s’agissait d’une vidéo de surveillance, il n’y avait donc pas à se soucier des prises de vue.

Apollo Justice sortira sur 3DS mardi aux États-Unis, mercredi au Japon et jeudi en Europe/Australie, les versions occidentales étant, comme d’habitude à présent, exclusivement vendues en téléchargement. Rappelons une fois de plus que la cartouche nippone contiendra la langue anglaise, et que le jeu en lui-même bénéficiera de nombreuses améliorations par rapport à la version originale sur DS. En revanche, le jeu ne sera une fois de plus qu’en anglais. C’est somme toute relativement amusant quand on sait que la VA n’avait pas été incluse dans la cartouche germano-française, au même titre que pour Trials and Tribulations par la suite.

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